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Tourner la merde.

Rien à dire, rien à écrire. Sans doute un des moments de ma vie où j'aurai le plus de choses à déblatérer. Pourtant, je me force à écrire. Je ne peux pas laisser cette merde à stagner là, comme on laisserait la poterie dégueulasse que Kévin le petit dernier nous a ingénument faite, nous forçant ainsi à la conserver sans pour autant qu'on en ait quelque chose à foutre. Je me force à écrire, je tourne la merde. Car c'est nécessaire. Il le faut car si on ne la tourne pas, elle sèche. Et la merde sèche est, dans la culture antique égyptienne, symbole de mauvais présage. Non, pas du tout. Enfin si mais pas dans la culture égyptienne.

Sans but précis, pour changer, sans savoir où je vais en écrivant cela, j'écris. Pour ne pas perdre le coup. J'écris comme on ferait vrombir en hiver le moteur de la vielle Peugeot 309 dont on se sert pas. C'est vrai quoi, ce serait con qu'elle crève cette daube, des fois qu'elle nous serait utile par le futur.

Ayé. Rien à dire, mais bon je continue histoire de, comme un besoin, comme si je savais que je ne devais pas, l'expérience parle, laisser à l'abandon quelque chose qui m'est cher mais que je n'arrive plus à appréhender.

On en parle ? De mes couilles. Ah putain ! Blanche neige, ou comment faire d'une broutille une affaire d'état. Une seule envie, lui faire l'amour, en faire mienne, l'aimer. Enfin plutôt penser l'aimer mais me rendre compte après quelques temps que je ne suis même pas foutu de savoir si c'est ma bite qui la rend si belle ou si c'est à mon cœur que reviennent les clés du mystère. C'eut été facilement gérable s'il n'y avait pas un élément non congruent dans l'affaire. Elle est là, Elle. Je l'ai aimé pendant 3 ans, enfin j'ai pensé l'aimer pendant 3 ans. Maintenant je l'aime encore, enfin je pense l'aimer encore.

Un jour un noir qui sent fort m'a dit :  « l'homme c'est comme une grosse machine qui fonctionne de façon binaire ». Ça me fait du mal de l'avouer mais, bien qu'il soit noir, il avait raison le salaud. Devant ce diptyque vaginal je suis une grosse machine. 1 ou 0 ?

Un autre jour un japonnais même pas jaune m'a dit : « J'aime les femmes, les femmes c'est ... ». S'ensuivait un silence de mort. Au début je pensais qu'il disait ça car les femmes sont de parfaites créatures qu'ont dirait simplement faites pour nous plaire à nous les hommes. Mais ça, c'était car je projetais ma vision des choses sur lui. Maintenant je comprends. J'aime les femmes, les femmes c'est … C'est comme une lobotomie avec un pic à glace en velours. Mais pour les couilles d'abord, pour le cerveau ensuite et finalement pour le cœur.  

Wanted Snake Sisters

Wanted sisters

Faire du pognon putain !

Faire du Pognon putain.

C'est qu'est ce qu'ils me disent les humains quand je leur parle de ma « littérature ». Merde quoi. Pourquoi encore et toujours me ramener à ce perpétuel conflit entre la production et la monétisation de celle-ci ?

Serait-ce possible, ne serait-ce qu'à un moment de votre vie, que vous ne rameniez pas tout à une conception matériellement matérialiste des concepts ? Non pas que je porte un jugement de valeur sur ça. Simplement j'aimerais être en phase, pour une fois, avec au moins une personne. Et dès lors que je suis dans cette quête, je je me trouve face à cet obstacle que je viens d'énoncer. Je vous parle de concept, d'intérêt profond, d'humanité et vous vous contentez de parler de pognon ou de productivité (ce qui ma foi à l'air d'aller de paire si on vous écoute).

C'est là que le questionnement a lieu. Suis-je un éternel paria quant à ma façon de concevoir le monde ou êtes vous tous profondément pourris par cette misère qu'on qualifie depuis peu comme : « société ».

La « cartouche » comme on dit. Ce bon vieux con de Jacques Brel, qui s'en vient à parler d'une Margot. J'étais parti pour écrire sur la daube qu'est le constant débat de générer un profit à partir de l'art mais me voilà sans aucun respect soumis à la convergence en un point, l'amour. Oui, pour les connaisseurs, je viens de faire une analogie entre l'amour et les suites numériques, ceci même étant à l'effigie de ma totale perdition quand il s'agit de maîtriser mes sentiments.

Et voilà que je t'en tartine de la figure de style qui n'en est pas une. Je me la pète avec mes tournures de phrases et ma grammaire dégueulasse qui passe pour une grande connaissance de la langue française aux yeux de l'alphabétisé de deuxième main. Mais pour un type de l'envergure de celui qui s'y connaît je ne suis guère encore qu'un sale petit con de fumiste parmi tant d'autres.

J'aurais aimé maîtriser l'écriture aussi vite qu'une érection puisse se faire sentir dans mon slibard à la vue d'une brune aux yeux bleus. Malheureusement l'art, par définition, ne peut se résumer à la simple conséquence d'un phénomène physiologique. Auquel cas, chacun d'entre nous, les hommes, serions d'illustres génies en la matière. Oui, je parle bien du fait de bander, d'avoir la bite aussi dure que le cœur d'adolf hitler (plutôt crever que d'y foutre des majuscules).

Bon. L'envie d'écrire me passe, ce pamphlet sans queue ni tête a autant de raison d'être qu'une sodomie chevaline par un beau printemps d'été.

À bientôt, que dis-je, à très peu...

Le presque acteur.

Par où commencer ? Je sais juste que j'ai besoin d'écrire, car quand j'écris c'est que j'ai très probablement picolé. Et là j'aimerais justement avoir picolé, bien comme il faut.

Bon, je dois me faire les dents alors on essaye la narration, je vous préviens ça risque d'être merdique, simplement je m'en rendrai compte que dans deux ans. Passons.

Hier, mercredi, en plein milieu d'une semaine à la con, cours intéressants mais bien trop soporifiques à mon goût, malade comme un chien, +1 au compteur des jours passés à nourrir mon désespoir lié à une non satisfaction de la passion qui me dévore, en clair, la panacée quoi.

Hier donc, je me dis « Quel con tu te revendiques écrivain, mais en réalité tu te contentes de pondre une daube mensuelle pour t'en convaincre. Et au passage si les autres y croient aussi ça mange pas de pain... ».

Et aujourd'hui, jeudi (on s'en tape de la temporalité mais si je veux faire du pognon avec mes écrits je dois bien me la jouer à la Marc Lévy, et vas y que je te mets pleins d'infos à la con histoire de donner un peu de compréhensible aux petits gens, ça fait du volume et ça permet de cacher mon manque de talent), voilà qu'elle débarque. Décor stéréotypé au possible : le pseudo artiste en mal de tendresse féminine, les transports en commun, l'hiver et sa fraîcheur qui fait tirer la gueule et puis l'objet du désir (pardonnez le terme mais je me sens tellement con qu'au final ça symbolise parfaitement ma stupidité), la jolie brune au yeux marrons. Grand classique. Teint pâle, cheveux malheureusement attachés mais qui te laissent le plaisir de les imaginer uniquement soumis à une légère brise, et un regard d'une sobriété incroyablement singulière. Je veux dire tellement classique qu'aussi inqualifiable qu'un Victor Hugo ou autre type du genre, y'en a tellement m'emmerdez pas, j'ai pris le premier.

Bon là direct, scénario fleur bleue en approche, et bien sûr je suis lancé. Je suis à l'avant du premier wagon, elle, au fond de ce même premier wagon, ce qui établit une distance idéale pour une partie de tennis oculaire. Enfin, si tant est que je ne sois pas le seul d'entre nous deux à participer. Au début, et pour changer, je suis très centré sur moi et ma conception, je fais rapidement le constat qu'en dépit de la surpopulation féminine de ce wagon mon attention finit toujours par se ramener à elle. Totalement perdu dans sa beauté, soulignée par la musique dont mes oreilles se rafraîchissent au même moment, je perds la notion du temps, des autres et d'elle au final. Je ne fais que la contempler sans réellement la considérer.

Et là, rappel à l'ordre. Cette magnifique salope me fout le bourdon. Elle me met au fond mais comme jamais. J'en ai vu pourtant mais là c'est clairement une belle pute. Ma lucidité, comme une fleur, s'invite dans mon jardin cérébral et ne se prive pas de me dire un truc du genre : « Bah alors mon mignon, c'est bien beau de baver devant Miss Perfection, mais tu as pensé à elle ? J'veux dire, tu vois pas le tableau ? Fin de journée dans un tram puant rempli de beaufs en tout genre et puis y'en a un parmi eux qui est au sommet. Il est là tout content avec sa mèche toute propre, et son regard bien lourd. Tellement lourd qu'il vient comme la cerise pourrie sur le gâteau. ».

Et merde ! Barre toi, laisse moi être un peu con de temps en temps (aller hop l'auto-fellation au passage). J'étais innocent jusqu'alors, je me contentais de penser à ma petite personne, tout heureux parce qu'il y a une jolie fille dans le tram le gamin ! Mais voilà, mes neurones sortent de cette léthargie contemplative et viennent foutre la merde. Première question, et merde, ça faisait déjà 2 secondes que je m'en étais pas posé une, ça pouvait pas durer  : « Est ce qu'elle a vu que tu la regardais comme un obèse au régime regarderait une pub MCdo' ? ». Et là bien sûr c'est le florilège. Deuxième question : « Est ce qu'elle aussi te regarde ? ». Troisième question : « Si elle te regarde pas, pourquoi ? ». Quatrième question : « Si elle te regarde, pourquoi ? ». Évidemment c'est là que son regard croise le mien.

Bonsoir, j'écris le story board d'un film français qui ravira votre adolescente de 14 en pleine crise d'hystérie existentielle !

Bon tout de suite, flippette oblige, je détourne le regard du genre « Non, non j'étais pas en train de phaser sur toi perfection incarnée de mes rêves les plus dingues que ça fait trop plaisir quand tes yeux brillent comme le chrome sur les jantes de ma 206 CC. ». C'est là qu'on commence à se marrer. En l'espace de quelques secondes je passe de la question 4 à la question 5546568793, je me remets en cause jusqu'à me demander si le nombre exact de cheveux sur ma tête est susceptible de ne pas la froisser. Oui, les humains appellent ça être un canard. Le plus beau dans l'affaire c'est quand même que j'en arrive là, avec juste, un croisement d'yeux long de 0,5 secondes.

On reprend. Je ne sais plus quoi faire. Je continue à la fixer au risque de recroiser son regard ? Ou je m'enferme dans ma musique pour éviter tout conflit avec ma connerie ? Évidemment l'image de sa splendeur résonne en moi comme la faim dans le ventre d'un somalien. Et me voilà reparti pour une séance de masturbation mentale. Au sens propre. Avant que nos regards ne s'entrecoupent une fois encore, maintenant que je suis sûr à 100 % qu'elle m'a grillé, il est clair que ça arrivera, je dois faire un choix. Au prochain duel, je tiens ma position ou je simule une faute pour gagner les faveurs de l'arbitre ? C'est décidé, je tiens ma position. Ce qui devait arriver arriva. Bon, sans grande surprise ça se passe comme dans un mauvais film, elle me fixe, je chie dans mon froc, elle me fixe, je perds 20 kilos, elle me fixe, j'ai la gueule d'un puceau devant Salma Hayek (en maillot bordeaux), elle détourne le regard, soulagement. Éphémère. Ça a duré quelques secondes, je dirais entre 8 et 10, pas si long que ça au final mais les lois de la relativité ont transformé cette durée en un périple presque aussi long que l'odyssée.

Ce récit doit être emmerdant à souhait, je veux dire, j'ai l'impression de simplement étaler une situation que tout le monde a vécu ou vivra, alors qu'en réalité je cherche à expliciter le mindfuck total qui a désintégré ma cervelle de moineau. Mais je me foire légèrement. Continuons.

« Est ce que tu as piétiné son intégrité ? ». Elle en a peut être, comme beaucoup d'autres, marre de tous les boulets qui ne voient en elle qu'un simple vagin surmonté d'une paire de seins. Au premier abord je dirais que ce n'est pas mon cas, mais quand j'analyse ma condition par rapport à la Femme je ne peux m'empêcher de considérer que mon sentiment de respect profond pour elle n'est qu'une mascarade afin de préserver mon estime de soi. J'entends par là qu'admettre être une paire de couilles avec de temps à autres un cœur et un cerveau me ferait bien chier alors je me persuade d'être un cerveau et un cœur avec de temps à autres une paire de couilles.

J'ai peur d'être lourd. J'ai peur que d'une part, sa condition de femme (dont je ne connais rien, sinon les propos de quelques unes), fasse qu'elle ne discerne pas la noblesse de ma fascination pour elle, trop habituée à être prise pour un objet. Et d'une autre part, peur que cette fascination ne soit pas sincère comme je l'ai énoncé plus haut.

Voilà que Jean-Pierre, 55 ans, par là, se cale entre elle et moi. Faut dire qu'aux abords du centre ville le tram se voit aussi plein que mes couilles. Le répit. Je me dis que l'affaire est réglée, que je vais bientôt descendre et que je ne la reverrai jamais. Je vais encore me torturer à me demander si elle a pu ne serait-ce qu'une seconde ressentir et partager mes impressions, j'en doute fort, ou si elle me jetais un coup d’œil de temps à autre pour être réellement certaine qu'elle avait affaire à un dalleux et que ce n'était pas son esprit qui lui jouait ce tour. En tout cas, ça me passera. Ouf !

Mais bon, film de merde oblige, je me fraye un chemin tant bien que mal entre les sacs à main de contrefaçon et les téléphones de cons trop fashion (à prononcer à la française comme ça, ça fait une blague). Et là, surprise gamin ! Qui se retrouve face à toi, juste avant de tourner pour sortir du wagon ? Jean-Pierre bien sûr ! C'eût été trop beau. Elle me fixe. Je me surprends moi même à faire preuve d'un temps de réaction aussi court, vraiment court, tellement court que ça tient plus du pressentiment qu'autre chose. J'ai direct tourné les yeux. Tellement vite qu'elle n'a même pas remarqué que je l'avais vu comme elle m'avait vu.

Boulet. Connard. Tas de merde. Fiotte. Branleur. T'es con ou quoi ? Pourquoi tu l'as pas regardée ? Parce que j'avais peur oui. Et non en fait. Je sais même pas. Est ce que j'avais peur parce que je suis coincé ou est ce que je m'étais fait à l'idée qu'elle me méprisait ? « Trou du cul ! » Ah ! Après ma lucidité voici son double maléfique, mon interprétation psychotique, qui se ramène. « Tas de boue, si elle t'a regardé en sortant de ce tram, c'est peu probable que ce soit pour te mépriser, si tu la gonflait elle t'aurait ignoré et aurait même flippé plus que toi ! ». C'est que pour une fois elle a raison cette conne ! « Oh du calme Casanova ! Tu te prends pour qui ? Ah oui c'est vrai, on avait oublié que tu te prenais pour un sex symbol, tout s'explique... » reprennent en cœur ma lucidité et mon humilité.

Et c'est reparti pour un tour, les voilà qui toutes les trois, se foutent sur la gueule pour savoir qui aura raison. Combat sans fin vous me direz, un match de double, ma lucidité et mon humilité contre mon interprétation psychotique et moi.

C'est bientôt fini, promis.

On sort du tram, elle devant, moi derrière. Freud dirait que cette situation est le reflet d'un profond désir de pratiquer le sexe ana... Ta gueule ! Je marche en direction de l'arrêt de bus qui me ramènera en piteux état chez moi. Je me dis bon aller, c'était bien intense tout ça, mais là c'est fini elle va continuer à marcher quand tu t'arrêteras. Que nenni. C'est qu'elle se fout à l'arrêt de bus, vas y que je te persécute jusqu'au bout. Oui, oui. Elle me jette un coup d’œil à ce moment précis. Je suis à 5 mètres d'elle et comme le dieu vivant que je suis, je ne tourne pas les yeux vers elle mais porte toute mon attention dans sa direction. Et puis rien. Mes couilles. Dans mon slip. Bien au chaud. Je tremble pourtant. Et puis bien ! Je me chie littéralement dessus parce que je m'en veux. Je m'en veux d'être un incapable, je m'en veux de lui faire l'affront d'être attiré par elle, je m'en veux de ne pas pouvoir faire ce pas pourtant si simple, je m'en veux d'avoir l'idée de faire ce pas car en tant que femme elle mérite mieux qu'un homme comme moi. Non pas que je sois différent des autres, non. Je suis un homme. Et que ce soit vrai ou faux, j'ai cette impression perpétuelle que jamais un homme ne pourra rendre hommage comme il se doit à la perfection qu'est la Femme.

Voilà ce qu'il se passe dans ma tête à chaque fois que je vois une femme, ou pense à une femme. Le problème, c'est que quand celle-ci est si belle, je deviens tellement con que je m'arracherais volontiers les deux bras pour pouvoir l'enlacer.

Pris au piège de cette antithèse, je ne suis que le bouffon du roi. J'ai la meilleur place, je suis le seul à pouvoir me gausser de lui, mais n'oublions pas qu'il me coupera la tête si l'envie lui en prend.

J'ai foiré.

Fin de la scène II de l'acte I.

PS : Bon, si tu es une femelle, et que tu as kiffé ta mère ma plume de beau gosse, mon numéro c'est 06.35.02.03.42. Non parce que bon la dernière fois où j'ai niqué commence à remonter alors j'ai bien faim quoi.

Le spectateur

Ante-Scriptum : S'il y a des fautes d'orthographe, allez vous faire mettre. Ça prendrait trop de temps pour éplucher tout ce merdier.

Oh Darling, stand by me. Ce sentiment. Cette position de spectateur. Spectateur de quel spectacle ? Un spectacle spectaculaire, bien évidemment. Du spectacle à la pelle, ou en tartines qu'importe, du spectacle. Je ne vois, ne vis que ça. Du spectacle.

Non pas que je sois inactif, j'ai bien l'impression d'être le spectateur de ma sale vie. Par là j'entends tout interpréter au travers d'un prisme d'omniscience, en surface bien évidemment. Le principe même du spectateur c'est qu'il sait tout mais ne sait finalement rien puisque la suite est à venir. Je vois tout, pense tout, sait tout et ne comprends rien. Mais le pire n'est pas de ne pas comprendre, je veux dire, ça fait mal oui, c'est usant, affligeant et ça véhicule une certaine frénésie, une quête infinie. Non. Le pire, c'est encore de ne rien contrôler. Et en spectateur, je ne contrôle rien.

Je suis las, assis dans l'obscurité de la salle, sur mon beau fauteuil bordeaux, un bordeaux à la David Lynch, et puis je matte la ribambelle d'humains et de faits les impliquant. Certains humains m'intriguent plus que d'autres, certains sont des Tournesols, des Haddock, des Tintin, des Rastapopoulos, des Castafiore. Mais comme dans ma vie, et dans celle de Tintin, les femmes n'existent pas. Enfin si. Elle existent, sont là, présentes, à gauche, à droite, devant, derrière. Mais elles ne jouent aucun rôle précis. Y'a bien la Castafiore, la petite Bianca. Et évidemment la seule femme qui vient tremper son bout de pied dans la baignoire du copain Tintin est une casse-couilles hideuse que tout le monde répudie.

C'est là qu'il ne faut pas se méprendre sur mes propos, quand je dis qu'elles ne jouent aucun rôle ce n'est pas dire qu'elles sont inutiles ou tout autre phrase machiste qu'on pourrait étiqueter sur ma production. Non, je dis qu'elles ne jouent aucun rôle car, bien que sur scène avec les autres, elles sont paradoxalement assises à côté de moi. Tout autour, elles assistent comme moi à ce spectacle. Comme pour Tintin, elles sont partout, toutes plus magnifiques les unes que les autres mais jamais ailleurs qu'à côté de moi.

J'ai conscience que ma métaphore filée, décousue et finalement rattrapée, rapiécée est plutôt bancale. Bref. J'aimerais pouvoir faire en sorte qu'elles ne soient pas simplement assises là, spectatrices de ma vie, je voudrais en faire les actrices, les spectactrices, simplement il me faudrait agir. Et je n'agis pas. Peur ? Faiblesse ? Ignorance ? Non. Respect.

Je ne sais comment m'y prendre pour respecter cette passion qui m'anime une fois à leurs côtés, je ne me sens pas à même de briser cette magnificence en passant mon bras par dessus son épaule, qui ma foi, est outrageusement sensuelle tant cette mèche de cheveux s'étale avec grâce et esthétisme sur une peau au teint clair, très clair. Oh du calme Rocco, tu deviens crémeux là.

Avant de finir cette phrase comme un salaud, je disais donc que je ne pouvais me résoudre à la « conquérir » en la rabaissant à un simple passage de bras par le dessus de l'épaule symbole d'un vague « tu me plais madame, je passe la barrière de l'explicite avec ce geste ». C'est tellement loin, loin de toute cette beauté dont elles débordent, je veux dire, elles valent plus que ça, certes la finalité est noble enfin pour ce qui est de la façon dont je considère les choses, mais le moyen d'y parvenir est tellement ingrat. Cette éphémère saison des amours dans une salle de cinéma (pas au théâtre non, sinon ce serait bien), cette parade nuptiale tout droit sortie d'une quincaillerie. Attention pas n'importe quelle quincaillerie, celle où il y a un coin réservé aux adultes plein de cartes d'anniversaire et autres bricoles de mauvaise facture.

Je ne sais que faire, évidemment c'est là qu'entre en scène mon désir, il sort une tirade en monologue, ô rage, ô désespoir bla bla bla, il débite ses conneries pour ne dire qu'une chose, « baise là ». Non. Je suis spectateur, il règne en maître, je ne peux que le regarder et suivre le fil du théâtre de mon histoire. Non. Le spectateur, je suis con, le spectateur est passif. Quelle connerie. Le spectateur est aussi un acteur, puisqu'il a un rôle, le rôle de faire vivre l'acteur, sans lui pas de théâtre, pas d'histoire pas de vie et surtout pas de public et encore moins de femmes.

Question du jour : qu'est ce qu'une femme sans spectateur pour la contempler ?

J'ai donc le droit de signaler mon mécontentement si un acteur est mauvais, et plus encore si la pièce devient merdique. J'agis. Je lui jette des tomates à mon désir. Tiens, prends ça dans ta gueule gros con. Casse toi. Tous les acteurs ici sont bons et la pièce est parfaite et toi tu t'incrustes comme un morpion dans une partouze. Vas crever, je ne te permettrai pas de faire chier plus longtemps ces dames le public. Je porte ton fardeau désormais, je vais devoir t'écouter et partir avec toi pour les protéger des ineffables affronts que ta comédie leur fait. Si je dois supporter tes qualités inexistantes d'acteur pour leur épargner cela alors je le ferai.

Mais pour l'heure je vais me permettre de te faire tomber de cette scène, monter dessus, me tourner face au public, aux spectatrices et tenter de leur montrer comment le personnage du désir doit être joué.

Vais je réussir ?

Fin de la scène I de l'acte I.    

Les passagers en noir.

Quand l'enveloppe suscite la Passion, la lettre est une facture. Elles sont mignonnes ces petites créatures, elles ont un regard du genre de ceux qui te font disparaître le tien. Elles ont de beau cheveux. Comment un terme aussi laid peut il renvoyer à un objet passionnel aussi pur et sublime ? Bref. Je ne vais pas m'étaler. Enfin si, mais pas dans ce sens là en l'occurrence. Mon but, présentement, est simplement de conter ô combien j'aurais aimé pouvoir entretenir une relation de qualité avec les femmes, par là, j'entends effacer toute superficialité dans nos rapports et pouvoir parler de métaphysique en leur faisant l'amour. Mais tout ce que je vois me fait vomir. Elles sont toutes là, à chialer, prêtes à crever pour un homme qui leur apportera quelque chose de vrai, de différent. De là, on se dit « ok c'est respectable, là dessus on s'entend ». Et à ce même moment, la voilà qui se trémousse et vend son cul au premier homme bourré venu, qui ma foi, est aussi vide que ses couilles. Et là, c'est le drame. Le questionnement. Sont elles toutes aussi identiques qu'une paire de seins après deux bouteilles de vin ? Sont elles simplement là pour te faire rêver, et une fois à l'apogée, te décevoir en sortant de leur caverne pour te forcer à te confronter à la froideur démoniaque du réel ? Ou bien existe-t-il, que dis-je, existe-t-elle, une femme avec une chevelure et un regard qui personnifieraient l'érotisme tout en étant munie d'une singularité foudroyante de par son intelligence, sa simplicité, son naturel.  

Le sens de la vie (c'est du old school).

Bonsoir mon cher. Toi qui depuis des semaines m'avais quitté, te voici encore revenu pour me complaire d'une partielle plénitude. Oui. L'inspiration est un homme. Freud aurait dit que mon narcissisme serait simplement une explication dépressivement libidinale de mon homosexualité refoulée. Mais qu'en serait il de mon amour sans infini pour cette Femme, bien qu'invisible aux yeux de tous, Margot Douchet. Une muse, dirions nous si notre intellect ne s'était pas, au fil des rencontres Humaines, enrichi de tout ce dont à quoi un homme digne de porter le fardeau d'en être aurait pu aspirer. Une source intarissable de jouissance érotique. Au sens mythologique du terme. Elle incarne la passion à l'état brut. M'étant fait devancer par ce grand homme au QI bien trop élevé pour son environnement originel, je lui attribuerais le bien faible titre de « fantasme de peintre ».  

Et dire qu'au moment où j'ai écrit ça, je me suis dit "non je vais pas le poster j'ai honte de parler d'amour avec une qualité littéraire aussi faible". Mais bon, maintenant que la vie m'a pissé dessus je le fais.

Picon Bière

Pas assez d'alcool putain. Non mais c'est vrai quoi. Ce putain de picon-bière, d'accord c'est sympa pour les papilles mais ça bourre quand ? Je veux dire j'aimerais bien me la coller moi. J'ai même pas l'impression d'écrire un truc correct, il me faudrait dix grammes de plus bordel. Voilà, ça y est je sèche. J'écris quoi ? Je fais quoi merde. J'ai plein de trucs à dire mais si j'ai pas assez picolé pour pouvoir le lâcher avec un minimum de classe ça sert à rien. Symbole de cette énième soirée. Totalement insignifiante parce que pas arrosée mais en même temps utile puisque je suis en train de crever. Par crever j'entends faire chier mes connards de supposés lecteurs (t'as vu je te chie dessus). Au final je te respecte branleur, je te dis que ce n'est pas te respecter que n'être pas satisfait de ne pas me complaire à te raconter mes misères (y'a que les profs de lycée qui te disent que les répétitions c'est de la merde). Ça y est, il est là le pavé. À l'usage j'écris des conneries sur quatre lignes mais là je m'étale. Paradoxe. J'ai pas assez bu mais je me casse la gueule. C'est là que tu comprends que tu es un putain de trou insatiable quand il s'agit de consommer. J'ai pas assez bu du coup je tiens plus debout, que ce soit dans mes productions « littéraires » que dans ma kinesthésie.

La Piémonlaise

Quand je rentre chez moi, ça sent la Bolognaise. Et puis, je m'enfile un bol de Piémontaise. C'est quand même bien sale, mais quand même bien propre. Je veux dire, les patates avec de la mayo c'est pas rien quand t'es bourré. Bourré au point où tu finis le verres de tes potes car ils ne sont même plus foutus de finir ceux que tu leur as payé. Ce moment où tu comprends que l'alcoolisme ce n'est pas juste que boire de façon chronique. C'est boire de façon « un mot qui rime en ique symbole de la misère de la condition humaine ». Ça fait beaucoup de « de la », en même temps j'ai lu trois pages dans ma vie, fallait pas s'attendre à ce que j'aie une quelconque once de diversité dans mon vocabulaire. Bande de gros cons, à vous tous les pédérastes qui composent ma sphère amicale, je « dédicasse » ce torchon.

Trois Loups

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